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Prévenir une crise cardiaque – conseils d’experts

En Suisse, environ 30 000 personnes sont victimes d’un infarctus du myocarde chaque année – les hommes étant nettement plus touchés que les femmes. Il est toutefois possible d’agir activement sur de nombreux facteurs de risque, tels que l’hypertension, le diabète, le tabagisme ou le stress chronique – notamment grâce à une prévention ciblée, à des check-up réguliers et à un bon équilibre dans le quotidien professionnel. Le cardiologue Dr Peter Burger, docteur en médicineet spécialiste en cardiologie et en médecine interne générale au centre de cardiologie de Berne, vous montre comment prendre soin de votre cœur.

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Qu’est-ce que l’infarctus du myocarde?

Un infarctus du myocarde, communément appelé crise cardiaque, survient lorsque l’apport en oxygène dans le muscle cardiaque devient insuffisant suite à un trouble soudain de la circulation sanguine. La cause principale est le rétrécissement des artères coronaires par des plaques, à savoir des dépôts de cholestérol, de graisse et de cellules inflammatoires.

Lorsqu’une telle plaque se rompt, un caillot sanguin se forme et peut obstruer l’artère concernée. Le muscle cardiaque n’est alors plus alimenté en oxygène, ce qui entraîne un infarctus du myocarde. Si l’obstruction persiste, les tissus concernés meurent (nécrose). «Dans la zone de l’infarctus, le muscle cardiaque détruit est remplacé par du tissu conjonctif qui ne peut plus se contracter», explique le Dr Peter Burger. «Si la partie touchée est plus importante, cela peut entraîner une insuffisance cardiaque. Et en cas d’infarctus grave, il existe un risque de défaillance circulatoire ou d’arrêt cardiaque soudain – chaque minute compte.»

Crise cardiaque: reconnaître les symptômes typiques

Un infarctus du myocarde se manifeste souvent par de fortes douleurs thoraciques ou une sensation d’oppression qui peut irradier dans le bras, la mâchoire, le dos ou le haut de l’abdomen. Une détresse respiratoire, une sensation de compression, une faiblesse et des sueurs froides sont d’autres signes avant-coureurs.

Chez les femmes, les symptômes sont souvent «atypiques» avec des nausées, des douleurs abdominales ou dorsales, des vertiges ou des états d’anxiété, ajoute le cardiologue Dr Peter Burger.

Comment prévenir l’infarctus du myocarde?

Parmi les principaux facteurs de risque d’infarctus du myocarde, on peut citer:

  • le diabète sucré
  • l’hypertension
  • un taux de cholestérol élevé
  • le tabagisme
  • les antécédents familiaux

Mais bonne nouvelle, «un mode de vie sain aide à réduire considérablement le risque», précise Dr Peter Burger. Par exemple, pratiquer une activité physique régulière a un effet positif sur presque tous les facteurs de risque.

Prévention de l’infarctus du myocarde en bref:

  • Arrêter de fumer ou réduire sa consommation – moins on fume, mieux c’est.
  • Limiter la consommation d’alcool – max. 1 verre par jour (env. 100 g d’alcool par semaine)
  • Avoir une alimentation saine et équilibrée
  • Réduire le stress
  • Faire suffisamment d’exercice
  • Dormir suffisamment

Prévenir l’infarctus du myocarde par le sport

Une activité physique régulière est l’une des meilleures stratégies pour prévenir l’infarctus du myocarde. Elle aide à réduire la tension artérielle, à réguler le poids et à diminuer la graisse abdominale, à stabiliser la glycémie et à améliorer le taux de cholestérol, tout en renforçant évidemment le bien-être mental.

«Les recommandations actuelles des sociétés de cardiologie conseillent au moins 30 à 60 minutes d’activité physique cinq jours par semaine – plus on en fait, mieux c’est», déclare le cardiologue Dr Peter Burger. «On n’est pas obligé de faire uniquement du jogging ou du vélo. On peut aussi stimuler sa circulation sanguine par la marche rapide, la natation, la danse ou le jardinage.»

Pour les personnes qui choisissent des pratiques plus intenses, deux à trois séances par semaine peuvent s’avérer bénéfiques. Les sports extrêmes, en revanche, ne doivent être envisagés que si l’état de santé le permet. Il est conseillé de demander l’avis d’un médecin, notamment en cas d’antécédents médicaux ou de facteurs de risque.

«Les recommandations actuelles des sociétés de cardiologie conseillent au moins 30 à 60 minutes d’activité physique cinq jours par semaine – plus on en fait, mieux c’est»
Dr Peter Christian Burger, spécialisé en cardiologie et médecine interne générale

Prévenir l’infarctus du myocarde par l’alimentation

Ce que nous mangeons au quotidien impacte directement la santé de notre cœur. Une alimentation équilibrée à base de végétaux aide à réduire le taux de cholestérol et la tension artérielle, à diminuer les inflammations et ainsi à limiter considérablement le risque d’infarctus du myocarde. «Nous recommandons une alimentation méditerranéenne riche en légumes, fruits, produits à base de céréales complètes et huiles végétales de qualité. Les graisses animales (p. ex. charcuterie, beurre ou produits laitiers gras) sont en revanche à limiter autant que possible», explique Dr Peter Burger.

Aliments bons pour le cœur – hop, dans l’assiette!

  • Acides gras oméga-3 insaturés présents dans certains poissons de mer (p. ex. saumon, maquereau), les graines de lin, les noix ou l’huile de colza
  • Fruits et légumes frais, idéalement de saison et locaux
  • Légumineuses, fruits à coque et produits à base de céréales complètes
  • Huiles végétales de qualité (p. ex. huile d’olive) plutôt que graisses animales

À éviter:

  • Excès de sel – augmente la tension artérielle
  • Produits carnés transformés, p. ex. charcuterie
  • Produits finis riches en sucre et boissons gazeuses
  • Acides gras trans (p. ex. fast food ou produits de boulangerie contenant des graisses hydrogénées)

Quel est l’impact du stress sur le risque de crise cardiaque?

Le stress est un facteur de risque souvent sous-estimé pour les maladies cardio-vasculaires, y compris chez les jeunes. «Le stress chronique favorise l’inflammation du système vasculaire, augmente la tension artérielle et contribue aux troubles du métabolisme tels que le diabète. Tous ces facteurs sollicitent les artères coronaires et augmentent le risque d’infarctus du myocarde», déclare Dr Peter Burger. Autant de raisons de réduire le stress.

De son côté, le stress aigu accroît la sécrétion d’hormones du stress comme l’adrénaline et le cortisol, ce qui fait rapidement monter la pression artérielle et le pouls. En cas de dépôts vasculaires (plaques) déjà endommagés ou instables, cela peut même déclencher un infarctus soudain.

Check-up réguliers

Même les personnes se pensant en bonne santé peuvent présenter des facteurs de risque cachés – hypertension artérielle, taux de cholestérol élevé ou trouble du métabolisme glucidique. «Les check-up sont utiles pour détecter et anticiper le risque d’infarctus du myocarde», déclare le cardiologue Dr Peter Burger. Les examens préventifs comprennent:

  • Mesure de la tension artérielle
  • Analyses de laboratoire (p. ex. cholestérol, glycémie)
  • Étude des antécédents familiaux
  • Enquête sur le mode de vie et les troubles

Ces examens sont recommandés à partir de 40 ans, ou plus tôt s’il existe des facteurs de risque comme le tabagisme, le diabète, le surpoids ou des antécédents familiaux de maladies cardio-vasculaires.

D’autres examens peuvent être réalisés si nécessaire: test d’effort ou tomodensitométrie (CT) des artères coronaires. Ils visent à détecter précocement les calcifications ou les rétrécissements, souvent avant même l’apparition des premiers symptômes. 

«Les check-up sont utiles pour détecter et anticiper le risque d’infarctus du myocarde»
Dr Peter Christian Burger, spécialisé en cardiologie et médecine interne générale

Prévenir l’infarctus du myocarde chez les femmes

On pense souvent que les maladies cardio-vasculaires sont réservées aux hommes – grave erreur. Elles comptent parmi les causes de décès les plus fréquentes chez les femmes également. «Le risque augmente beaucoup après la ménopause, car la protection naturelle offerte par les œstrogènes diminue. Le risque d’infarctus du myocarde devient alors similaire à celui des hommes», déclare Dr Peter Burger.


Principal problème, les femmes présentent souvent des symptômes différents en cas d’infarctus du myocarde. Et notamment:

  • Douleurs abdominales ou dorsales
  • Malaise général, fatigue, sensation de faiblesse
  • Nausées, vertiges, anxiété
  • Douleurs thoraciques atypiques (p. ex. brûlures ou élancements, et non une sensation d’oppression)

«Nous les médecins devons être au fait de ces différences pour ne pas passer à côté et pouvoir détecter précocement l’infarctus du myocarde chez les femmes», souligne Dr Peter Burger. De façon générale, les mesures de prévention sont identiques pour les femmes et les hommes.

 

Publié le: 12.7.2026

Auteur-trice: Cardiologue Dr Peter Burger, docteur en médicine et spécialiste en cardiologie et en médecine interne générale au centre de cardiologie de Berne

Les femmes présentent souvent des symptômes différents en cas d’infarctus du myocarde.

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