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«Les entreprises investissent dans leur avenir»

Nicole Cornu estime que la tendance à garder les apprentis en emploi constitue une stratégie intelligente pour disposer de main d'œuvre qualifiée.

Therese Jäggi

Nicole Cornu est responsable politique de la jeunesse à la Société des employés de commerce

Nicole Cornu est responsable politique de la jeunesse à la Société des employés de commerce

Les diplômés trouvent de nouveau de plus en plus souvent un emploi fixe. Pour quelles raisons?

Cette amélioration s’explique notamment par le fait que la Suisse se trouve actuellement dans une situation économique favorable et par le taux d’emploi en hausse dans le secteur tertiaire. Si l’on prend en compte seulement les diplômés issus de la formation initiale en entreprise, on constate que leur taux d’emploi est considérablement plus élevé que celui des diplômés issus de la formation initiale en école, mais que ce taux baisse continuellement depuis des années. C’est pourquoi il est essentiel de continuer d'observer les taux d’emploi.

Par rapport aux autres pays, quelle est la situation des jeunes sur le marché du travail en Suisse?

On peut dire que leur situation est bonne. Le système de formation duale y contribue fortement. Bien que les jeunes soient en principe bien intégrés sur le marché du travail, ils disposent souvent des contrats de travail plus précaires que les employés plus âgés, notamment à travers des contrats à durée déterminée.

De plus en plus de diplômés peuvent rester dans leur entreprise formatrice après l’obtention de leur diplôme. Doit-on se réjouir de cette tendance?

Oui, car l’entrée dans la vie professionnelle est difficile pour de nombreux diplômés. Bon nombre d’entreprises assument alors leurs responsabilités: elles offrent un poste à leurs apprentis et les aident ainsi à démarrer leur carrière. Je trouve cela très bien. Il y a bien entendu des entreprises pour lesquelles il n'est pas possible de garder leurs apprentis pour des raisons structurelles. A mon avis, le maintien des apprentis est également une stratégie intelligente pour que les entreprises puissent embaucher le personnel spécialisé dont elles ont urgemment besoin. De plus en plus d’entreprises forment leur relève et investissent ainsi dans leur avenir.

Les salaires de nombreux apprentis sont inférieurs aux recommandations de la Société des employés de commerce. Les personnes concernées doivent-elles en parler?

Comme il n’existe pas de dispositions générales sur le salaire minimum des apprentis en Suisse, il est d’autant plus important pour les diplômés de connaître les recommandations en matière de salaire minimum. Les apprentis ou leurs parents peuvent alors en discuter avec les responsables de l’entreprise formatrice lors des entretiens préalables. Une fois le contrat d’apprentissage signé, il n’est plus possible de renégocier le salaire. Cependant, même si grande partie des salaires des apprentis commerciaux demeure inférieure aux recommandations de la Société des employés de commerce, cette part baisse continuellement depuis des années.

La santé compte parmi les thèmes principaux de cette enquête. Que peuvent faire les entreprises pour prévenir les risques psychosociaux?

Les problèmes comme le stress, la violence, l’intimidation et le harcèlement sur le lieu de travail ne sont pas à prendre à la légère. Conformément à la loi, l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires adaptées et applicables pour protéger la santé de ses employés. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) fournit une liste de contrôle pratique intitulée «Protection contre les risques psychosociaux au travail», que les entreprises peuvent utiliser pour vérifier les conditions de travail de leur personnel.

Rétrospectivement, les personnes interrogées évaluent la formation commerciale initiale de manière très positive. Quels sont les prérequis pour que cette tendance se maintienne?

Dans le cadre du projet «Employé-e-s de commerce 2022», la formation initiale subit une refonte dans le but de préparer les employés de commerce aux exigences futures. Des compétences centrales à acquérir figurent l'esprit critique, les compétences communicationnelles et collaboratives ainsi que la capacité à réagir efficacement face à la complexité et aux changements.


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Enquête auprès des jeunes diplômé-e-s: comment se passe la transition entre l'apprentissage et le monde du travail? – Formation professionnelle supérieure: un modèle de succès – En quoi les hommes peuvent-ils contribuer à davantage d'égalité?

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