27. novembre 2018

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Initiative pour l'autodétermination

Daniel Jositsch commente les résultats de la votation

Le 25 novembre 2018, les Suisses ont rejeté à une majorité de deux tiers des voix l'initiative populaire "Le droit suisse au lieu de juges étrangers" (initiative pour l'autodétermination) lancée par l'UDC. Daniel Jositsch, président de la Société des employés de commerce, en est convaincu : "l'initiative était trop radicale. Elle a été rejetée car elle soulevait un problème qui ne concernait personne".

Interview: Therese Jäggi

L'initiative pour l'autodétermination a été clairement rejetée par 66,2% des voix. Est-ce que vous avez été surpris ?

Je pensais qu'elle aurait plus d'approbation, mais j'ai toujours été convaincu que cette initiative n'atteindrait pas les 40% de oui.

Quels sont selon vous les raisons du rejet ?

Les initiatives n'ont de chance que si elles concernent des sujets d'actualité qui préoccupent la population. L'initiative pour l'autodétermination a soulevé un problème qui ne concernait personne ; un fantôme qu'elle entendait combattre par des moyens que la plupart des gens n'ont pas vraiment saisis.

Est-ce que l'initiative a été trop radicale ?

Oui, j'en suis convaincu. Les initiants eux-mêmes ont construit leur argumentation sur quelques jugements isolés qui les ont dérangés. Mettre en cause toutes les relations extérieures de la Suisse à cause de cela et créer de l'incertitude concernant les droits humains et le commerce extérieur était manifestement une mesure trop radicale pour la majorité.

Peu avant la votation, les partisans de l'initiative ont publié une annonce selon laquelle des juges turques pourraient annuler l'interdiction des minarets si l'initiative pour l'autodétermination n'était pas acceptée. Quelle était votre réaction ?

L'argument était faux. La majorité l'a bien compris.

Le rejet de l'initiative en Suisse romande (Genève, Jura, Vaud, Neuchâtel) était de plus de 75%. Comment cela s'explique-t-il ?

On ne peut pas parler d'un "Röstigraben", puisqu'en Suisse alémanique le refus était également massif. Toutefois, l'UDC est moins bien ancrée en Suisse romande qu'en Suisse alémanique.

Est-ce que le résultat a des répercussions sur les négociations en cours avec l'UE ?

Le résultat a permis d'écarter un danger pour les négociations avec l'UE, mais aussi pour la place économique suisse. Pour la suite des négociations avec l'UE, rien n'a changé à mon avis.

Kontakt:

Daniel Jositsch

Président central de la Société suisse des employés de commerce
Mobile 079 503 06 17

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