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Responsable RH – Favoriser l'épanouissement des compétences

Au bénéfice d'un riche parcours professionnel, Marina Bianchi Galanti a eu le courage de saisir les opportunités qui se présentaient à elle, tout en se donnant les moyens de les assumer.

Marina Bianchi Galanti est responsable des ressources humaines (RH) de la banque Piguet Galland, filiale du Groupe Banque cantonale vaudoise, qui compte quelque 165 collaborateurs en Suisse romande. «Notre mission consiste à accompagner et à fournir des solutions à nos clients en fonction de leurs projets et ce, tout au long de leur vie. Notre approche se veut sensible à la responsabilité sociale en termes d'investissement, mais aussi envers nos collaborateurs. Nous sommes ainsi la première banque privée à disposer de la certification Fair-ON-Pay, qui garantit l'égalité salariale. Ce sont des valeurs qui me tiennent à cœur», souligne la responsable.

De la littérature au travail de bureau

A priori, Marina Bianchi Galanti ne se destinait pas à une carrière dans les RH. Après l'obtention de son bac en Italie, elle entreprend une formation universitaire en langue et littérature italienne à Milan. A 25 ans, elle rencontre un jeune Chaux-de-Fonnier venu passer des vacances en Italie: leur histoire les conduit à s'établir ensemble dans la cité horlogère. A l'époque, les facultés suisses ne reconnaissent pas le parcours qu'elle avait suivi en Italie: «J'aurais dû tout recommencer à zéro et, à l'époque, je n'en avais pas le courage», se souvient-elle.

Il faut donc se réinventer. Elle dispose heureusement d'une expérience qu'elle peut mettre à profit:  «En Italie, j'ai toujours travaillé durant mes études pour être indépendante. J'avais donc suivi une formation rapide d'assistante de direction. Le travail de bureau ne m'était donc pas inconnu». Elle trouve ainsi du travail auprès d'un designer horloger à la recherche d'une personne sachant rédiger en italien. Elle y restera pendant 12 ans à des taux variables: «Lorsque j'ai eu mes enfants, j'ai pu travailler à temps partiel et parfois depuis la maison, on pouvait s'arranger. J'ai eu la chance d'avoir un employeur à l'avant-garde en matière de conciliation entre vie professionnelle et familiale».

Sans formation reconnue en Suisse, Marina Bianchi Galanti ressent le besoin de faire reconnaître ses acquis. Elle effectue ainsi une formation d'assistante de direction qui l'amènera à l'obtention du brevet fédéral. Au-delà de la matière dispensée durant les cours, elle retient deux éléments majeurs: «Les participantes et participants viennent de domaines très différents. On peut confronter les expériences, comparer les pratiques, s'enrichir mutuellement et se constituer un réseau. Par ailleurs, j'ai énormément apprécié les apports des formateurs issus de la pratique, qui fondaient réellement leur enseignement sur les réalités du monde du travail».

Entrée inattendue dans les RH

Son brevet fédéral en poche, quelque chose d'inattendu se produit: une formatrice qu'elle a rencontrée dans le cadre de sa formation la contacte. «Nouvellement responsable RH d'une entreprise du domaine de la mécatronique, elle cherchait une assistante de direction. Elle avait apprécié nos échanges durant la formation et me conviait à un entretien». Bien que n'ayant a priori pas envisagé de quitter son employeur, elle décide de s'y rendre. «Elle m'a présenté sa vision des RH et ses attentes envers la personne qui l'assisterait. Cette personne était une visionnaire du domaine et le poste s'annonçait passionnant. Malgré mon attachement à mon employeur à qui je devais tant, j'ai décidé de prendre le train en marche».

Peu de temps après son engagement, l'entreprise est rachetée par une société américaine, sa cheffe démissionne et n'est pas remplacée. «L'équipe RH a été placée directement sous la responsabilité du directeur financier. Celui-ci s'appuyait beaucoup sur moi, malgré mon peu d'expérience dans le domaine. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de faire le brevet fédéral RH», se souvient-elle.

Comme dans le cadre du brevet d'assistante de direction, la formation constitue un forum de partage d'expériences des plus passionnants: «Parmi les candidats, j 'étais la moins expérimentée dans le domaine, ces échanges m'ont donc été très utiles». Il faut dire qu'au travail, la situation était tendue: suite au rachat de l'entreprise, beaucoup de postes ont été délocalisés, impliquant de nombreux licenciements. «Cela m'a conduit à participer à de nombreuses négociations qui m'ont permis d'aiguiser mes connaissances dans le domaine du partenariat social. C'était dense et rude, mais toujours intéressant». Rapidement, son supérieur hiérarchique lui demande d'endosser la position de responsable RH. Elle décide de relever le défi malgré les difficultés qu'un tel poste implique en contexte de restructuration: «L'entreprise qui nous avait rachetés ne connaissait rien du droit Suisse, ni des avantages et des contraintes liées à une CCT: j'avais donc un important rôle de relais à jouer, c'était passionnant».

Entrée dans le monde bancaire

Après quelques années au cours desquelles de nouvelles délocalisations ont lieu, le doute s'insinue: «Je me demandais si ma vision des RH devait se limiter aux restructurations et aux ruptures de contrat. Cela fait partie de la fonction et c'est intéressant, mais j'avais aussi envie de faire du développement». Prenant connaissance d'une annonce publiée par une petite banque privée basée à Yverdon-les-Bains qui cherchait un-e responsable RH, elle décide de se lancer et obtient le poste. «Je n'avais jamais imaginé travailler un jour au sein d'une banque», sourit-e-elle. C'est ainsi que commence son mandat auprès de la banque Piguet, qui allait devenir plus tard la banque Piguet Galland. «Le passage de l'industrie au monde des services a été un véritable choc: les attentes et les habitudes y sont très différentes, mais c'était motivant», confie-t-elle.

La crise bancaire de 2008 et la fusion entre les banques Piguet et Galland en 2011 se passent sans trop de dommages, ce qui permet à Marina Bianchi Galanti de travailler au développement des ressources humaines de la banque: elle s'attelle entre autres à la mise en place d'entretiens d'évaluation, à une simplification des processus, à l'évolution de la politique salariale et à une participation accrue des RH aux processus de recrutement. «Nous sommes passés d'une activité administrative à une activité de développement. La mission des RH consiste selon moi à fournir un environnement favorable à l'épanouissement des compétences des collaborateurs. Dans cette perspective, nous soutenons les projets de formation de nos collaborateurs et nous efforçons de faire preuve de flexibilité, par exemple en nous montrant ouverts au travail à temps partiel pour les personnes qui le souhaitent, ou en donnant la possibilité de faire du home office lorsque c'est possible.

A l'aube de la cinquantaine, Marina Bianchi Galanti ressent le besoin de se perfectionner à nouveau: «Contrairement à aujourd'hui, il n'était pas possible à l'époque d'effectuer le diplôme fédéral RH en Suisse romande, cela m'a donc conduit à opter pour la solution académique et à suivre le programme du Master of advanced studies (MAS) en ressources humaines et carrières, dispensé par les universités romandes. Cette formation m'a permis de prendre de la hauteur et complétait de manière idéale le brevet fédéral RH, qui était fortement axé sur les aspects techniques et pratiques».

Convaincue du rôle important que joue la formation pour pouvoir disposer de personnes qualifiées dans le domaine des ressources humaines, elle s'investit en dispensant des cours dans le cadre du certificat d'assistant-e en gestion du personnel et du brevet fédéral en ressources humaines. Elle intervient également en qualité d'experte dans le cadre du brevet fédéral.

Regard retrospectif

Lorsqu'elle repense à ses débuts de carrière, Marina Bianchi Galanti considère ses études littéraires comme un enrichissement: «Elles m'ont appris à développer ma capacité de réflexion et à opérer des choix. Par ailleurs, les lettres réunissent des disciplines qui étudient l’homme et la condition humaine. En tant que responsable RH, je regarde l'humain à la lumière de sa capacité à contribuer à la réalisation d'un projet d'entreprise, il est donc au cœur de ma fonction». Si la perspective diffère quelque peu, les domaines communiquent manifestement.

«J'ai fait mon deuxième brevet fédéral à 40 ans et mon MAS à l'aube de mes cinquante ans: il n'est jamais trop tard pour se perfectionner.»
Marina Bianchi Galanti est responsable des ressources humaines de la banque Piguet Galland
  • Dominique Nussbaum

Photo

Karine Bauzin

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