Les places d'apprentissage sont toujours plus souvent attribuées une année avant le début de l'apprentissage ou même plus tôt encore. La notion de courtoisie entre les conseillers professionnels, les écoles et les entreprises formatrices a quasiment disparu. Même les employeurs publics ne respectent plus la date du 1er novembre comme délai pour l'attribution des places d'apprentissage.
Cette attribution toujours plus précoce des places d'apprentissage ne fait pas que d'exacerber le processus de sélection au détriment des jeunes qui achèvent leur scolarité obligatoire, mais engendre en outre de nombreux inconvénients:
- Elle empêche toute préparation sérieuse de la sélection de la profession. Cela a pour conséquence que le nombre d'interruptions d'apprentissage est plus important car, en étant sous pression, il est très difficile pour les jeunes de choisir sérieusement un métier adapté s'ils ne peuvent pas bénéficier d'une orientation professionnelle suffisante et adéquate.
- Elle implique qu'il faut anticiper toujours le processus de préparation de la sélection d'un métier dans le cadre de l'école. Avec comme conséquence d'avoir moins de temps pour approfondir certaines matières telles que les mathématiques ou les langues.
- Elle freine le développement d'offres passerelles pour lesquelles on dépense beaucoup d'argent chaque année. Avec comme conséquence qu'il n'y a plus guère de temps pour que des solutions intermédiaires puissent être efficaces et apportent de nouvelles chances.
- Elle attise le problème de la dernière année scolaire. Avec comme conséquence une plus grande traversée du désert et une frustration accrue pour ceux qui n'ont pas trouvé de place d'apprentissage. Et simultanément un danger réel que ceux qui ont déjà décroché un apprentissage se laissent aller et qu'ils aient ensuite de la peine à se remettre en selle au début de l'apprentissage.
- Elle met les PME qui forment des apprentis sous forte pression car elles doivent anticiper le processus de sélection pour attirer les meilleurs éléments qui se présentent sur le marché des places d'apprentissage.
La motion de Mario Fehr: la SEC Suisse en faveur d'une plus grande cohérence et d'une réelle courtoisie
Cette concurrence acharnée visant à sélectionner les meilleurs éléments est dommageable et ne profite à personne. La SEC Suisse en appelle à l'apaisement: une meilleure cohérence débouche non seulement sur plus de civilité, mais aussi sur une sélection durable des apprentis. Il est nécessaire d'agir dans ce domaine.
Comme les tentatives engagées jusqu'ici au niveau des cantons n'ont pas donné les résultats escomptés, la Confédération est priée d'apporter un peu plus de civilité dans le processus de sélection des apprentis. C'est pour cette raison que Mario Fehr, président de la SEC Suisse a déposé une motion lors de la session d'hiver des chambres pour mettre un frein à cette évolution. En calmant le jeu sur le marché des places d'apprentissage cela sera utile à tous.
Neuchâtel/Zurich, le 3 novembre 2008
Société suisse des employés de commerce
Pour toute information complémentaire:
Mario Fehr, conseiller national et président de la SEC Suisse, tél. 079 734 54 39
Luc Python, secrétaire central pour la Suisse romande, Natel 079 355 45 89





