Un métier prenant pour un profil très recherché

Prolongement direct du métier d’employé de commerce, la profession de secrétaire juridique exige une formation idoine.

Pierre-Henri Badel

Une fois lancée dans cette voie, la secrétaire juridique n’a plus beaucoup de soucis à se faire pour décrocher un emploi ou pour changer de patron. Les perles pouvant faire acte de leurs compétences et de leur expérience ne risquent pas de se retrouver au chômage. Cet avantage se mérite pourtant: le métier est exigeant, il nécessite un grand pouvoir d’abnégation, de la discrétion, des compétences linguistiques irréprochables, de la précision et de l’endurance. C’est ainsi qu’Amélia de Kalbermatten de l’agence de placement genevoise Interxpert brosse le portrait type de la secrétaire juridique.

 

Une certaine prédisposition est indispensable

«Il faut vraiment être prédisposé pour ce métier» poursuit la patronne de l’agence genevoise. «Il est indispensable d’avoir d’excellentes connaissances des langues et d’écrire parfaitement le français ou toute autre langue de travail usuelle» précise-t-elle. Pour elle, il faut avoir suivi une formation de secrétaire juridique pour occuper un tel poste.

Un apprentissage d’employé de commerce ne suffit pas, même si c’est en général la condition préalable à remplir pour accéder à une formation de secrétaire juridique.

Pour Amélia de Kalbermatten, il faut surtout avoir des prédispositions innées pour ce métier et ne pas avoir des ambitions d’ascension professionnelle. Sauf si une formation académique dans le droit est envisagée, mais celle-ci nécessite de longues et fastidieuses études.

 

Un métier qui présente de nombreux avantages

Ce métier exige aussi des compétences professionnelles spécifiques, en particulier en ce qui concerne les connaissances linguistiques, la capacité de retranscrire des textes au dictaphone et demande une très grande discrétion.

Les salaires sont supérieurs à la moyenne des métiers du secrétariat. Les femmes qui doivent s’occuper de leurs enfants, travailler selon un horaire de travail réduit ou même à mi-temps y trouvent aussi leur compte.

 

Des tâches multiples et un travail minutieux

Le sens de l’organisation, un travail méthodique, une bonne présentation, un esprit d’initiative et une capacité d’adaptation élevée sont les principales qualités dont doivent faire preuve les secrétaires juridiques dans leur travail quotidien. «Elles savent observer et écouter attentivement, mais restent discrètes en toute circonstance» enchaîne-t-elle.

Il existe en fait deux débouchés distincts pour les secrétaires juridiques, précise-t-elle encore: les cabinets d’avocats et les services juridiques des entreprises. Dans ce dernier cas, le travail est plus varié et elles y auront plus d’autonomie. Il nécessite en l’occurrence plus de tâches de recherche documentaire.

 

Allier compétences et expérience

Plusieurs écoles forment des secrétaires juridiques. En Suisse romande, trois d’entre-elles bénéficient de la reconnaissance de la SEC Suisse. Elles sont implantées à Lausanne, Neuchâtel et Fribourg (voir encadré). D’autres écoles privées dispensent des certifications spécifiques à leur établissement.

Le règlement des examens suisses de secrétaire juridique selon le système modulaire développé par la SEC Suisse prévoit une formation en cours d’emploi articulée autour de 183 leçons réparties sur une année.

 

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Pour en savoir plus

La formation de secrétaire juridique débouche sur un diplôme SEC Suisse. Elle permet d’acquérir des connaissances pointues sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire, des procédures juridiques, des juridictions et de la terminologie spécifique au droit suisse. Elle aborde les matières suivantes:

- organisation et autorité judiciaire

- notariat

- procédure pénale

- procédure administrative et droit des poursuites et faillites

- français juridique

- organisation générale d’un secrétariat

- comptabilité

- informatique

 

Pour accéder à cette formation, il faut soit:

- être détenteur d’un CFC d’employé de commerce (ou équivalent) et bénéficier de deux ans de pratique dans le secteur commercial

- être détenteur d’un CFC dans une autre branche et de bénéficier de quatre ans de pratique commerciale, dont deux dans le secteur juridique

- avoir accumulé quatre années d’expérience en milieu juridique ou huit ans de pratique dans le secteur commercial

- présenter un dossier démontrant des connaissances équivalentes et suffisantes, qui doit être approuvé par la commission d’examen.

 

Renseignements complémentaires

www.seclausanne.ch

www.secfribourg.ch

www.cpln.ch